Skins party, sexting, dedipix... : une génération à la dérive
Le mercredi 3 mars, M6 diffusait un Zone Interdite spécial consacré au rapport des adolescents avec la sexualité. Il prolongeait l'intrigue de la nouvelle série programmée en première partie de soirée "Nathalie Bonnot" avec Valérie Damidot.
J'ai alors découvert avec effroi l'existence des Skins party. Ce sont des soirées ouvertes aux adolescents et aux jeunes adultes se déroulant dans des lieux tenus secrets jusqu'à H-2 et qui ont 3 mots d'ordre : ALCOOL, SEXE, DROGUE... La meilleure façon selon ses adeptes de "s'éclater sans limite, d'évacuer le stress et de se libérer des contraintes imposées par la société". Elles s'inspirent d'une série anglaise déjantée "Skins". Les filles se lancent le défi d'embrasser un maximum de garçons. Elles s'habillent de façon provocante et peuvent se retrouver nues à la fin de la soirée. Elles participent à ces soirées en connaissance de cause, l'assument et en expriment même une certaine fierté.
Le reportage a montré un organisateur de Skins party de 21 ans accompagner sa petite amie de 17 ans dans un sexshop de Pigalle acheter une tenue conforme au "dress code" de la soirée : le couple est ressorti avec un déguisement de soubrette très court avec portes-jaretelles. Rien de sexy, que du provocant à la limite du vulgaire. Nous avons retrouvé le même jeune homme en soirée en train de flirter avec diverses participantes. La soirée avait lieu dans une péniche sur la Seine. Les journalistes ont ensuite suivi une adolescente de 16 ans qui se rendait à une skins party se déroulant dans un entrepôt désaffecté. Sa mère ne lui a pas demandé où elle allait exactement. Elle a déclaré "ça ne sert à rien que je l'empêche de sortir ! Je ne peux pas la mettre sous cloche". Une bagarre générale, des actes de violence ont éclaté cette nuit-là. L'ado est rentrée chez elle le lendemain matin à 6h30 sans aucune réprimande de la part de sa mère complètement blasée.
Ces évènements d'un nouveau genre sont librement communiqués à travers des pages Facebook, des blogs, des sites et pullulent dans de plus en plus de villes. A l'origine, ils sont organisés par des amateurs et ce créneau "tendance" est de plus en plus récupéré par des agences d'évènementiels qui immortalisent les soirées sur des photos et des vidéos mises en ligne sur la toile. L'accès aux skins party coûte en moyenne 20 €.
Ensuite, le documentaire a évoqué d'autres pratiques à la mode (sexting, dedipix...) sur lesquelles je ne m'étendrai pas.
Les reportages se contentaient de décrire ces nouvelles pratiques sans aucun commentaire comme si elles étaient banales... Un ton neutre qui choquait d'autant plus le télespectateur.
Avec la diffusion généralisée de vidéos pornographiques sur Internet, les adolescents développent un rapport biaisé et malsain avec la sexualité. Ils s'inspirent de ce qu'ils voient pour appréhender le sexe dans la réalité.
Des adolescents allaient "chasser la femelle" dans le quartier des Halles à Paris et un journaliste a demandé à l'un d'eux ce qu'il recherchait : "une nana qui couche, qui s'habille comme une pute et qui se comporte en chienne" a-t-il répondu.
Autre tendance : chaque année en France, un millier de jeunes adolescents sont impliqués dans des affaires d'agressions sexuelles et de viols.
Une association "Action innocence" intervient en milieu scolaire pour tenter de contrer cette évolution inquiétante et de réinculquer les valeurs essentielles de respect de l'autre et de respect de soi-même à l'aide de méthodes participatives comme le théâtre-forum.
Dans le même ordre d'idée, le Conseil Général de l'Essonne fait circuler un info-bus pour rétablir une éducation sexuelle de base auprès des collégiens de 4ème et de 3ème. Vous trouverez une descriptif détaillé de cette expérience ici.
Quand Mélissa Theuriau a interviewé l'une des professionnelles travaillant dans l'info-bus, elle a posé une question très pertinente : "Vous donnez beaucoup de conseils et des réponses d'ordre technique sur la sexualité, les moyens de contraception, la prévention des Maladies Sexuellement Transmissibles mais accordez-vous dans vos interventions une place à l'amour, aux sentiments, au coeur qui bat ? " Si aujourd'hui la famille, la religion, les livres, les dessins animés ne sont plus capables d'éveiller et d'émerveiller les jeunes et les ados sur l'essence-même de l'épanouissement, du bonheur de l'être humain, qui est légitime à le faire ?
Inutile de vous dire que la personne candide que je suis a été ébranlée par cette émission. La donnée que je serais curieuse de connaître est la proportion des adolescents plongés dans ce marasme sordide. Ce manque de repères leur a fait sauté plusieurs étapes de leur jeunesse, celles qui sont nécessaires à leur construction, celles qui laissent une part belle à l'imagination, au rêve...
Alors qu'à 14 ans, j'étais plongée dans les émois du premier baiser, les filles du même âge d'aujourd'hui consacrent leur énergie à chercher un moyen de contraception adéquat.
Et ça donne une génération d'adultes complètement désabusés, qui ont perdu toute notion de plaisir et qui ne trouvent un semblant de bien-être que dans l'extrême.
Quel gachis ! Nous ne sommes pas sortis de l'auberge !
J'ai alors découvert avec effroi l'existence des Skins party. Ce sont des soirées ouvertes aux adolescents et aux jeunes adultes se déroulant dans des lieux tenus secrets jusqu'à H-2 et qui ont 3 mots d'ordre : ALCOOL, SEXE, DROGUE... La meilleure façon selon ses adeptes de "s'éclater sans limite, d'évacuer le stress et de se libérer des contraintes imposées par la société". Elles s'inspirent d'une série anglaise déjantée "Skins". Les filles se lancent le défi d'embrasser un maximum de garçons. Elles s'habillent de façon provocante et peuvent se retrouver nues à la fin de la soirée. Elles participent à ces soirées en connaissance de cause, l'assument et en expriment même une certaine fierté.
Le reportage a montré un organisateur de Skins party de 21 ans accompagner sa petite amie de 17 ans dans un sexshop de Pigalle acheter une tenue conforme au "dress code" de la soirée : le couple est ressorti avec un déguisement de soubrette très court avec portes-jaretelles. Rien de sexy, que du provocant à la limite du vulgaire. Nous avons retrouvé le même jeune homme en soirée en train de flirter avec diverses participantes. La soirée avait lieu dans une péniche sur la Seine. Les journalistes ont ensuite suivi une adolescente de 16 ans qui se rendait à une skins party se déroulant dans un entrepôt désaffecté. Sa mère ne lui a pas demandé où elle allait exactement. Elle a déclaré "ça ne sert à rien que je l'empêche de sortir ! Je ne peux pas la mettre sous cloche". Une bagarre générale, des actes de violence ont éclaté cette nuit-là. L'ado est rentrée chez elle le lendemain matin à 6h30 sans aucune réprimande de la part de sa mère complètement blasée.Ces évènements d'un nouveau genre sont librement communiqués à travers des pages Facebook, des blogs, des sites et pullulent dans de plus en plus de villes. A l'origine, ils sont organisés par des amateurs et ce créneau "tendance" est de plus en plus récupéré par des agences d'évènementiels qui immortalisent les soirées sur des photos et des vidéos mises en ligne sur la toile. L'accès aux skins party coûte en moyenne 20 €.
Ensuite, le documentaire a évoqué d'autres pratiques à la mode (sexting, dedipix...) sur lesquelles je ne m'étendrai pas.
Les reportages se contentaient de décrire ces nouvelles pratiques sans aucun commentaire comme si elles étaient banales... Un ton neutre qui choquait d'autant plus le télespectateur.
Avec la diffusion généralisée de vidéos pornographiques sur Internet, les adolescents développent un rapport biaisé et malsain avec la sexualité. Ils s'inspirent de ce qu'ils voient pour appréhender le sexe dans la réalité.
Des adolescents allaient "chasser la femelle" dans le quartier des Halles à Paris et un journaliste a demandé à l'un d'eux ce qu'il recherchait : "une nana qui couche, qui s'habille comme une pute et qui se comporte en chienne" a-t-il répondu.
Autre tendance : chaque année en France, un millier de jeunes adolescents sont impliqués dans des affaires d'agressions sexuelles et de viols.
Une association "Action innocence" intervient en milieu scolaire pour tenter de contrer cette évolution inquiétante et de réinculquer les valeurs essentielles de respect de l'autre et de respect de soi-même à l'aide de méthodes participatives comme le théâtre-forum.
Dans le même ordre d'idée, le Conseil Général de l'Essonne fait circuler un info-bus pour rétablir une éducation sexuelle de base auprès des collégiens de 4ème et de 3ème. Vous trouverez une descriptif détaillé de cette expérience ici.
Quand Mélissa Theuriau a interviewé l'une des professionnelles travaillant dans l'info-bus, elle a posé une question très pertinente : "Vous donnez beaucoup de conseils et des réponses d'ordre technique sur la sexualité, les moyens de contraception, la prévention des Maladies Sexuellement Transmissibles mais accordez-vous dans vos interventions une place à l'amour, aux sentiments, au coeur qui bat ? " Si aujourd'hui la famille, la religion, les livres, les dessins animés ne sont plus capables d'éveiller et d'émerveiller les jeunes et les ados sur l'essence-même de l'épanouissement, du bonheur de l'être humain, qui est légitime à le faire ?
Inutile de vous dire que la personne candide que je suis a été ébranlée par cette émission. La donnée que je serais curieuse de connaître est la proportion des adolescents plongés dans ce marasme sordide. Ce manque de repères leur a fait sauté plusieurs étapes de leur jeunesse, celles qui sont nécessaires à leur construction, celles qui laissent une part belle à l'imagination, au rêve...
Alors qu'à 14 ans, j'étais plongée dans les émois du premier baiser, les filles du même âge d'aujourd'hui consacrent leur énergie à chercher un moyen de contraception adéquat.
Et ça donne une génération d'adultes complètement désabusés, qui ont perdu toute notion de plaisir et qui ne trouvent un semblant de bien-être que dans l'extrême.
Quel gachis ! Nous ne sommes pas sortis de l'auberge !
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