La vélotypie, c'est quoi donc ?

Publié le par Just in time

Eh non, ce n'est pas une façon particulière de faire du vélo...

 

Dans le cadre professionnel, je suis allée aux 3èmes rencontres des administrations et collectivités éco-responsables se déroulant en région parisienne au début de la semaine dernière.

Ce colloque était organisé par l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie). Au délà de la découverte d'expériences très concrètes et intéressantes en matière d'éco-responsabilité, j'ai appris un nouveau mot de vocabulaire. J'étais contente de m'endormir moins bête !

 

Dès le début du colloque, j'ai remarqué que toutes les paroles dites en conférences étaient retranscrites en direct sur les écrans de vidéo-projection. Lors d'un intermède, l'animateur a expliqué que l'ADEME avait mis en place un système de sous-titrage en temps réel de toutes les interventions appelé "vélotypie" qui permettait l'accessibilité du colloque aux personnes sourdes et malentendantes. 

 

VélotypieComment ça fonctionne ? Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas un procédé de reconnaissance vocale. La vélotypie se différencie aussi de la sténographie qui saisit les mots sous forme abrégée : il est essentiel que le public puisse décrypter immédiatement les sous-titrages.

La vélotypie est réalisée à l'aide d'un clavier vélotype qui permet de saisir les mots à la vitesse de la parole. Il applique les principes de l'écriture syllabique. Ce clavier intelligent comporte 37 touches réparties en trois groupes : les consonnes initiales, les voyelles et les consonnes finales. La syllabe est produite en appuyant simultanément sur plusieurs touches comme le ferait un pianiste pour jouer des accords. L'outil informatique remet ensuite automatiquement les syllabes dans le bon ordre. L'efficacité de cette méthode est conditionnée par une formation et une compétence solides de l'opérateur chargé de la saisie. Je suppose qu'elle demande non seulement une excellente maîtrise de l'orthographe, un sens de l'écoute mais aussi une très bonne culture générale et surtout une grande capacité d'adaptation et une faculté de compréhension dans le sens où les colloques traitent de sujets techniques avec des langages spécialisés. 

Je suppose que ce procédé ouvre donc des débouchés sur un nouveau métier dénommé "vélotypiste".

 

L'ADEME a précisé qu'elle utiliserait désormais la vélotypie dans toutes ses conférences. C'est une belle initiative, c'est indéniable. Cependant, ça a été pour moi une grande source de distraction : mon oeil était irrésistiblement attiré vers l'écran de projection pour vérifier la concordance entre les paroles et les sous-titrages, ce qui avait donc tendance à détourner mon attention et à altérer mon écoute par rapport au contenu des conférences.

Parfois, j'avoue que c'était assez drôle quand l'opérateur ne comprenait pas un terme technique ou un sigle... dans ces cas-là, la phrase pouvait perdre tout son sens. Finalement, c'est le même principe quand un interprête traduit une langue étrangère avec les erreurs d'interprétation possibles.

Souhaitons une longue et belle vie à la vélotypie !


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maman débrouille 08/04/2010 13:39


génial , en voilà une invention utile et qui est un véritable progrès. Et ce doit être bien plus vivant que de "réciter" le texte qui est pré-écrit sur les fiches d'un projecteur !
En plus ce la créé un emploi !
Grand bravo à son inventeur et à ses utilisateurs !


clo 07/04/2010 19:58


Je ne connaissais pas non plus. La seule solution que j'avais trouvée pour que la personne sourde avec qui je travaille puisse participer aux réunions était de saisir le résumé des échanges sur
ordi et qu'il se place à coté de moi. Mais ce système est bcp plus performant. Par contre l'utilisation du clavier doit demander un apprentissage important!